Depuis 8 ans, les représentants et les membres de l’Association professionnelle des paramédics du Québec travaillent dans le but de faire reconnaître notre profession. Ils oeuvrent sans cesse, parfois même dans l’ombre, en accomplissant de simples gestes, afin d'obtenir notre ordre professionnel. Il ne reste que vous les paramédics.
La représentation des paramédics du Québec au sein de l'Association est de l'ordre de quelque 700 membres, ce qui représente moins du tiers des paramédics. Peu importe la raison pour laquelle vous cotisez ou non à l’APPQ, nous avons besoin de votre appui en vue de la création de notre ordre professionnel.
En 1994, un premier mémoire, en faveur de la création d'un ordre professionnel pour les paramédics québécois, est déposé à l'Office des professions du Québec par la Corporation pour la reconnaissance professionnelle des techniciens ambulanciers du Québec.
En 2003, un autre mémoire est déposé à l'Office des professions du Québec par l'APPQ afin de mettre à jour les données en regard avec la pratique des paramédic en vue de la création d'un ordre professionnel pour les paramédics.
En vertu de quels critères, une profession peut-elle être constituée en ordre?
Selon le Code des professions, pour qu’un groupe soit constitué en ordre professionnel, on doit tenir compte de l'ensemble des facteurs suivants :
- les connaissances requises par les personnes pour exercer les activités et qui seraient régies par l'ordre dont la constitution est proposée;
- le degré d'autonomie dont jouissent les personnes qui seraient membres de l'ordre dans l'exercice des activités dont il s'agit et la difficulté de porter un jugement sur ces activités pour des gens ne possédant pas une formation ou une qualification de même nature;
- le caractère personnel des rapports entre ces personnes et les gens recourant à leurs services, en raison de la confiance particulière que ces derniers sont appelés à leur témoigner, par le fait notamment qu'elles leur dispensent des soins ou qu'elles administrent leurs biens;
- la gravité du préjudice ou des dommages qui pourraient être subis par les gens recourant aux services de ces personnes par suite du fait que leur compétence ou leur intégrité ne seraient pas contrôlées par l'ordre;
- le caractère confidentiel des renseignements que ces personnes sont appelées à connaître dans l'exercice de leur profession.
Critère numéro 1 : Le degré de formation nécessaire. Le diplôme des paramédics étant une attestation d'études collégiales (AEC), les paramédics ne répondaient pas à ce critère. Les membres d'un ordre professionnel doivent minimalement posséder un diplôme d'études collégiales (DEC). Il s’agit du savoir qui doit être maîtrisé pour accomplir les activités des paramédics. Il faut donc une qualification particulière pour exercer ce type d’activités afin d’assurer la protection du public. L'APPQ considère que ce critère est démontré.
Critère numéro 2 : Le degré d'autonomie. C’est l’autogestion de la profession par chaque professionnel.
Ainsi, seuls les pairs possèdent les connaissances requises pour juger si une activité est exercée correctement. L'APPQ considère que ce critère est démontré.
Critère numéro 3 : Le caractère personnel. La relation qui s’établit est sur une base personnelle, Il y a un lien de confiance qui doit intervenir inévitablement dans la relation. Ce critère n'a jamais été mis en cause. Le temps passé auprès de la clientèle est parfois de courte durée mais son caractère personnel est indéniable. L'APPQ considère que ce critère est démontré.
Critère numéro 4 : Gravité des préjudices ou des dommages. Les dommages et préjudices pouvant être subis par la clientèle sont très présents dans notre milieu. L'existence de ces préjudices ou dommages sont en lien direct avec les décisions cliniques des paramédics. Ces risques doivent être contrôlés en raison de la gravité des conséquences qui pourraient en découler. L'APPQ considère que ce critère est démontré.
Critère numéro 5 : Caractère confidentiel. L’information que nous détenons d'un patient démontre qu'il doit dévoiler certaines confidences pour obtenir les services. Cette personne devra avoir la garantie que ces confidences seront utilisées et conservées seulement dans le cadre des services sollicités. Il doit y avoir protection du public par le secret professionnel. L'APPQ considère que ce critère est démontré.
Nous savons que les cinq critères sont atteints. Les principaux acteurs du milieu dont le MSSS et les employeurs, le Collège des médecins du Québec et l’Ordre des inhalothérapeutes appuient la démarche de l'APPQ. Il ne reste que vous « les paramédics ».
L'ordre professionnel, pourquoi?
- Pour la protection du public.
- Pour l'amélioration des pratiques de soins.
- Pour la création d'un modèle de soins.
- Pour la création des normes de pratiques sécuritaires.
- Pour la formation continue.
- Pour une voix pour les patients.
- Pour la mobilité de la main-d'oeuvre.
Il n’y a aucun argument négatif à la création d’un ordre professionnel pour les paramédics québécois. Prenez en considération les avantages pour les patients et notre profession.